Les Âmes Vagabondes – Seconde partie de l’apologie du triolisme par S. Meyer

120x160 Ames 22_11Il existe un genre de films que je prends grand plaisir à aller voir au cinéma pour ensuite pouvoir les démolir consciencieusement d’un bout à l’autre. Et devinez quoi : Les Âmes Vagabondes fait sans surprise partie de cette catégorie.

Le film nous raconte les aventures pas vraiment palpitantes de Mélanie, une jeune humaine de la résistance, dans le cerveau de la quelle des méchants extra-terrestres parasites mais pacifiques implantent l’une des leurs, une « âme » répondant au doux nom de Vagabonde. Comme Mélanie c’est l’héroïne, vous imaginez bien qu’elle refuse de se faire parasiter la tête par une entité extra-terrestre et donc elle manipule cette crétine pacifique de Vagabonde pour rejoindre sa famille, une bande de survivants hyper bien organisés qui vivent dans des grottes au milieu du désert. Mais bien entendu, l’une des méchantes extra-terrestres pacifiques, Traqueuse, se lance à la poursuite de notre jeune héroïne pour la détruire elle, mais également le reste des survivants humains, parce que vraiment, elle n’aime pas les humains. Pendant ce temps Mélanie et Vagabonde commencent à devenir copines – en même temps, elles sont obligées de cohabiter dans une toute petite tête d’humaine prépubère donc elles n’ont pas le choix – et roulent des galoches à Jared – le mec de Mélanie – et Ian – le mec de Vagabonde. Mais comme elles ont le même corps, c’est pas facile tous les jours, vous imaginez bien. S’en suivent des péripéties complètement inintéressantes et plates. Le film se clôt sur deux happy-ends, summums de mièvrerie, qui donnent le coup de grâce à la crédibilité totale de l’histoire.

les-ames-vagabondes-the-host-stills-05Stephanie Meyer a ici rangé ses crayons à paillettes et sorti ses feutres bleus fluos pour écrire une histoire de science-fiction complètement incohérente dont le seul but est de mettre en place un nouveau triangle amoureux mièvre et stupide – ou un quatuor amoureux, j’avoue que je suis un peu perdue. Le point culminant de ces histoires d’amour des plus navrantes étant atteint avec une scène d’un pathétique indéniable où Vagabonde embrasse langoureusement dans un intervalle d’une minute les 2 hommes de sa vie, hommes qui se repassent le flambeau comme on se passerait une télécommande. D’ailleurs, je pense qu’ici nous tenons un sujet intéressant : Stéphanie Meyer est une adepte du triolisme. 2 livres, et 2 triangles amoureux avec une pauvre petite fille perdue entre 2 hommes qui l’aiment et qu’elle aime : si ça c’est une coïncidence, je veux bien être transformée en cafard.

les-ames-vagabondes-600x280Revenons néanmoins au film. Contrairement à ce que la bande-annonce vous laisse croire, les scènes d’actions sont quasi-inexistantes et le film a le dynamisme d’un crapaud écrasé sur une route. De plus, les happy-ends susmentionnés pourrissent totalement le potentiel comique de l’histoire : j’ai en effet cru pendant un moment que Ian, amoureux d’une âme, allait choisir de se la faire implanter afin de ne faire plus qu’un avec elle – l’amour, vous comprenez. J’aurais trouvé cette fin hilarante mais malheureusement elle n’existe que dans mon esprit. Une prochaine fois peut-être qui sait.

64436_553654144674342_1755743993_nVous l’avez compris, le résultat est plus proche du ridicule que du génial. Là où Les Ames Vagabondes atteint des paroxysmes de bêtises – et où la méchante que je suis peut enfin railler à son aise – c’est quand la voix de Mélanie retentit dans la tête de Vagabonde – et par conséquent dans les oreilles du spectateur. Pour une raison qui échappe à toute logique, cette voix-off est d’un risible incroyable mais vrai. Peut être est-ce à cause de l’écho drôlissime dont elle est affublée ou peut être est-ce à cause des pensées stupides qu’elle nous témoigne : Mélanie rouspète quand Vagabonde embrasse Jared et ronchonne quand elle embrasse Ian. Bref, Mélanie est casse-bonbons.

thehost_still011Néanmoins, on est loin du niveau de Twillight : le film n’est jamais entièrement risible et on ricane finalement rarement. Il faut dire que le casting est loin d’être aussi pitoyable que celui de la trilogie vampirique. Saoirse Ronan n’adopte pas la technique « bouche ouverte-yeux vaseux » développée par Kristen Stewart. Max Irons, fils de Jeremy Irons, est beaucoup plus beau et moins tête à claque que Robert « mes fausses dents me démangent » Pattinson. Le reste du casting ne fait pas de réels efforts mais aucun ne mérite le lynchage public pour sa prestation. On déplore néanmoins le manque de scènes torse-nu du casting masculin – c’est vrai quoi, à la place ils portent tous des hauts de pyjamas moches.

59209_557118960994527_266502990_nMais le grand mystère du film reste la présence d’Andrew Niccol à la réalisation. On retrouve l’esthétique glacée de ses films passés – Bienvenue à Gattaca en tête. Mais c’est comme si Andrew avait décidé d’en faire une parodie grotesque. Ainsi nous avons droit –entre autres absurdités – à des voitures miroirs passablement stupides et à des vêtements immaculés mais trop courts pour les pauvres traqueurs. L’explication rationnelle à cette déchéance totale d’Andrew m’échappe encore –un parasite de Stephanie Meyer dans son cerveau est ma meilleure théorie à ce jour.

 Les-Ames-Vagabondes1Les âmes vagabondes est donc un mauvais film, qui se rapproche plus du melon pourri que du navet croustillant. Mais c’est surtout un film qui laisse en suspens deux questions captivantes :

–          A quel moment dans le livre, Stéphanie Meyer  emploie-t-elle son mot préféré « marmoréen » ?

–          Et dans quel contexte capillotracté va-t-elle nous pondre son prochain triangle amoureux insipide ?

A méditer donc.

Publicités

5 réponses à “Les Âmes Vagabondes – Seconde partie de l’apologie du triolisme par S. Meyer

  1. L’idée de départ semblait intéressante mais est totalement gachée par une histoire d’amour incroyable (dans le sens où à aucun moment on ne peut y croire). D’autant plus gachée que l’idée de départ ne me semble pas nouvelle et que, heureusement, de meilleures choses on été faites avec: l’invasion des profanateurs de sépultures (un vieux film des années 50, mon préféré), body snatchers (d’Abel Ferrara avec Gabrielle Anwar) et enfin invasion (avec Daniel Craig et Nicole Kidman). Je me trompe peut-être mais ça ressemble quand même beaucoup…

    • C’est comme si il avait pris l’un des films que tu avais cité et c’était dit « comment aseptiser totalement l’idée et insérer une histoire d’amour compliquée et torturée au milieu? » 😉 Perso je préfère revoir Body Snatchers !

  2. Pingback: La 5ème vague – Les aliens sont de retour | Boires et Déboires d'un Zéro Masqué·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s