Stoker – La fin de l’innocence n’a jamais été aussi belle et dérangeante

Stoker-Affiche-FrancePark Chan-Wook et moi c’est une véritable histoire d’amour. J’aime sa façon brillante de mêler beauté, poésie et violence et de créer dans chacun de ses films un véritable univers sonore et visuel. Park Chan-Wook c’est un génie. Ainsi quand j’ai appris qu’il allait sortir un nouveau film, son premier film américain, j’étais contente comme un canari à l’arrivée du printemps à chantonner « le Park Chan-Wook nouveau est arrivé ».

Stoker commence par la mort du père d’India Stoker dans un accident de voiture, le jour de l’anniversaire de cette dernière. A l’enterrement, surgit de nulle part l’oncle Charlie, le mystérieux frère de son père dont jamais personne ne lui avait mentionné l’existence. Très vite, l’homme prend une place importante au sein de la famille et s’installe avec India et sa mère. Méfiante au départ, India finit par baisser sa garde et cela ne sera pas sans conséquences.

130430_130423327108511Encore une fois, Park Chan-Wook nous donne à voir un excellent film. Un chef d’œuvre dont la vision n’a même pas réussi à être gâchée par une voisine de derrière des plus insupportables qui justifierait à elle seule la mise en place d’une peine de mort pour personne odieuse au cinéma – cette demeurée a passé sa séance à éternuer, tousser, demander à son copain de lui passer un mouchoir, son gilet ou son sandwich, râler parce qu’elle ne comprenait pas le film etc.

stoker-stoker-01-05-2013-01-03-2013-11-gMais revenons au film. Le scénario est à la fois simple et complexe, mystérieux et malsain tout en restant poétique. Cette histoire est superbement bien menée. Prévisible dirons certains ? Oui, un film qui commence par la fin est forcément prévisible. Oui, nous comprenons rapidement que le personnage de l’oncle est mauvais mais nous ne sommes pas ici dans un film policier et savoir qui a fait quoi n’est pas ce qui importe. C’est la tension, c’est l’atmosphère, c’est la lenteur de la progression, ce sont les relations entre les personnages et l’évolution d’India au cours du film qui doivent intéresser. J’avoue avoir été séduite par l’histoire délicieusement malsaine et étrangement fascinante écrite par Wentworth « Prison Break » Miller – alors que j’étais plus que sceptique au départ.

stoker-nicole-kidman-mia-wasikowskaCe qui m’a également frappée dans Stoker, c’est la puissance des dialogues et la qualité des répliques. Certaines d’entre elles sont d’une finesse et d’une force qui marqueront indéniablement le spectateur.

Mais surtout le film de Park Chan-Wook frappe par son esthétisme soigné et sa grâce indéniable. Chaque image a un sens et une vie propre : le cadrage est précis, les gros plans soulignent magnifiquement les émotions et les bouleversements des personnages, le montage est intelligent et rythmé sans être oppressif. Mais le plus beau succès de Park est le mixage sonore expressif et signifiant qui est à lui seul bien plus travaillé que les derniers films de « maîtres » dont on nous a rebattu les oreilles ces derniers temps. Stoker est comme les Fleurs du Mal de Baudelaire : sublime.

Stoker_36175Et que dire de la performance des acteurs dans ce film? Matthew Goode est délicieusement infect et étrangement séduisant. Il habite son personnage sachant le montrer tour à tour séduisant, maléfique et même par moment légèrement touchant. Mia Wasikowska est sublime en India, personnage au visage lunaire et angélique qui cache une part de mystère et de noirceur. Elle arrive à nous illustrer parfaitement la transformation d’une jeune femme de l’enfance à l’âge adulte, de l’innocence à la maturité. Nicole Kidman est magistrale, botoxée certes, mais avec un jeu d’une intensité monumentale que l’on n’avait pas vu depuis longtemps chez elle.

Ce film est magique, poétique, intense, prenant et, oui, malsain et dérangeant. Et je défendrai ce film contre tous ceux qui chercheront à le dénigrer pour de mauvaises raisons !

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3 réponses à “Stoker – La fin de l’innocence n’a jamais été aussi belle et dérangeante

    • Merci !! 🙂 Il est vrai que Stoker est vraiment génial ! Hâte de le revoir sur grand écran lors d’un festival !!

  1. Pingback: 2013, c’est fini, et dire que c’était l’année de la naissance du blog | Boires et Déboires d'un Zéro Masqué·

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