Gatsby le magnifique – Un retour correct pour Baz Luhrman

gatsby-le-magnifique-baz-luhrmannAvec Baz Luhrman, c’est les montagnes russes. S’il a réalisé Romeo+Juliet, mon film préféré de tous les temps que je peux décrire les yeux fermés, il a aussi commis l’immonde Australia, qui des années plus tard, me laisse toujours une sensation désagréable à chaque fois que j’y pense. Alors avec Gatsby le Magnifique, pour moi, c’était un peu comme à la roulette russe et je me suis assise dans mon fauteuil, angoisse au cœur.

Le film est adapté du roman de Francis Scott Fitzgerald – je l’ai lu dans mon jeune temps et je dois avouer que mon souvenir en est très flou et qu’ainsi je ne me permettrais pas de juger de la qualité de l’adaptation de Luhrman. Nous sommes dans les années folles à New York où la combinaison alcool de contrebande, jazz, relâchement des mœurs et boom financier bat son plein. C’est dans cette atmosphère déjantée que Nick Carraway, écrivain raté et banquier médiocre, débarque de son Middle-West natal. Il loue un modeste cottage au milieu des demeures des riches et puissants dont celle de sa cousine Daisy Buchanan et de son mari volage et celle du mystérieux Jay Gatsby réputé pour les fêtes somptueuses qu’il organise. Un peu malgré lui, le naïf Nick se retrouve prisonnier des intrigues de ces privilégiés.

Baz Luhrmann The Great Gatsby 1Si j’ai globalement bien aimé le film – je dirais un 3,5/5 – je dois pourtant reconnaître qu’il est sacrément laid. La première partie du film a souvent fait saigner mes pauvres yeux et m’a donné envie de donner des grandes gifles à Baz. Car si Baz est un véritable génie du montage, du rythme, de la transition et de plein d’autres choses, il ne sait absolument pas utiliser les effets spéciaux : c’est parfois presque aussi immonde visuellement que le terrible Upside Down. Ça n’est pas kitch, c’est salement abject et ça sonne aussi faux que la voix d’un candidat de The Voice. Et quand Baz ne nous matraque pas la rétine avec des décors en carton-pâte, il nous impose un procédé de superposition de texte des plus douteux, qui n’est vraiment pas nécessaire et certainement pas joli.

2431008_gatsby-film-costumes-ne-pas-reutiliser-merciHeureusement tout n’est pas aussi catastrophique. Baz nous propose un montage dynamique et génial dans la première partie, qui met totalement en lumière la folie de ces années et qui m’a rappelé certains moments de grâce de Romeo+Juliet (sans pour autant atteindre la perfection de ce film). Baz est également capable d’utiliser comme personne les plongées et contre-plongées et de sublimer des escaliers avec un ou deux coups de caméra. Et s’il y a une autre chose que Baz sait parfaitement faire, c’est bien filmer des fêtes baroques et extravagantes. Douches de champagne, débauches de paillettes, overdose d’alcools et personnages déjantés peuplent les fêtes de Gatsby et les rendent suffisamment tape-à-l’œil pour les faire paraitre comme ce qu’elles sont : des signaux de fumée destinés à attirer le papillon de lumière qu’est Daisy. Et toute cette débauche d’effets est filmée comme une danse, comme un tourbillon sans fin qui happe tous les protagonistes et les prend au piège.

THE GREAT GATSBYQuand le film prend un tour plus intime, Baz ne démérite pas non plus. Il arrive même à arrêter l’abus de numérique et à nous proposer des jolis plans et des visuels qui ne nous rendent pas aveugles. Le ton plus sombre de l’histoire se reflète sur les images qui s’assombrissent et les cadres se resserrent sur les personnages. La fête est finie et la tragédie se met en place.

great-gatsby-joel-edgertonLe film brille également par le talent des acteurs. Je sais que toutes les critiques parlent de Leonardo di Caprio et de sa prestation brillante. Je ne nierais pas que Leonardo est un Gatsby aussi brillamment exaspérant que désespérément charmant et qu’il nous livre ici une performance à tomber sur les fesses. Mais il ne faut pas oublier la performance admirable de Joel Edgerton et Jason Clarke. Tous les deux, bien que n’ayant pas des rôles majeurs, savent créer un personnage en quelques instants et prendre le spectateur aux tripes. Baz sait décidément bien choisir les acteurs qui interprètent ses personnages secondaires.

gatsby-le-magnifique-leonardo-di-caprio-baz-luhrmann-1600x1066J’ai également trouvé géniale cette modernité de la musique, qui garde pourtant de temps en temps une teinte jazzy et charleston.

Beaucoup n’ont pas aimé et je comprends leurs raisons, même si je ne les partage pas. Pour moi, avec Gatsby le magnifique, mon petit Baz est sur la voie de la rédemption. Bientôt, j’en suis sûre, il nous refera un chef d’œuvre du standing de Roméo+Juliet !

Publicités

4 réponses à “Gatsby le magnifique – Un retour correct pour Baz Luhrman

  1. Je me montrerai un peu plus critique que toi: ça brille, ça bouge bien au rythme d’une musique entraînante et puis c’est tout! Je n’ai jamais était pris par l’histoire ni enthousiasmé par les acteurs: sans cesse cette désagréable impression que Leonardo surjoue (mais c’est surement dû au personnage de Gatsby), Tobey aussi expressif qu’avec le masque de Spiderman, Isla méconnaissable et très rare… seule Carey tire son épingle du jeu (mais je suis peut-être un peu indulgent devant son charme…). Sanction: 1,936/5
    Australia n’est pas si immonde que ça, c’est simplement qu’il ne ressemble pas à Baz Luhrman.

  2. Je comprend qu’on puisse ne pas aimé le cinéma de Baz Luhrman. Après je me dois de bondir quand tu dis que le casting n’est pas enthousiasmant et surtout pour dire que seule Carey Mulligan tire son épingle du jeu. Leo joue un personnage qui joue un jeu – normal alors que ce soit parfois too much (et oui moi aussi des fois javais envie de l’étouffer à chaque fois qu’il disait Old Sport). Tobey est pour moi tout à fait correct pour selon qu’il a le rôle d’un spectateur: Nick malheureusement est le témoin de l’histoire, jamais réellement l’acteur. Il est largement meilleur que dans Spiderman. Carey est énervante au possible – et donc parfaite étant donné que son personnage est celui d’une superficielle exaspérante. Mais je répète ce que j’ai déjà dit: Jason Clarke et Joel Edgerton ne peuvent qu’être enthousiasmants! Après c’est sur qu’ils n’ont pas le visage poupin de Carey…

  3. J’ai dû mal m’exprimer parce que j’ai bien aimé Roméo + Juliet et Moulin Rouge, je n’ai même pas détesté Australia! Mais j’ai probablement tout simplement été déçu par Gatsby. Bon ok, je n’ai pas été très objectif sur Carey, quant à Léo j’aurais pu t’aider à le tenir pendant que tu l’étouffais 🙂
    Bref: déception.

    • Oh j’avais mal compris. Pas de rancune, Old Sport? (pars très vite en courant de peur de s’en ramasser une :D)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s