Rampart – Un personnage perdu sur l’autoroute de l’enfer

rampart_affUn film avec Woody Harrelson en tête d’affiche, c’est tellement rare que quand ça arrive, je cours le voir – je suis même prête à traverser la France pour cela. Rampart avait également comme scénariste le grand James Ellroy, auteur entre autre du Dalhia Noir. Ajoutez enfin à ceci, une bande annonce alléchante et vous imaginez mon immense niveau de motivation.

Dave Brown est un policier de Los Angeles aux méthodes très controversées, à la misogynie latente et aux tendances misanthropiques certaines. Il appartient à la brigade de Rampart, qui est sous le feu des projecteurs pour des histoires de corruptions diverses. Un jour, Dave donne une bonne raclée à un suspect sans savoir qu’il est filmé. Les médias se déchainent, le public réclame sa tête, et sa vie de famille, déjà complexe, se complique encore plus.

woody-harrelson-as-dave-brown-in-rampartRampart a comme atout principal et majeur Woody Harrelson. Malgré la haine crasse que lui porte Télérama, qui préfère certainement les nudistes de l’Homme du Lac, l’acteur américain nous livre ici une très jolie performance. Il réussit à rendre ce personnage insupportable fascinant et  même pendant quelques courts instants réellement émouvant.

Rampart_portrait_w858Le reste du casting est également flamboyant. Anne Heche et Cynthia Nixon sont surprenantes et éblouissantes dans le rôle des ex-femmes de Dave. En quelques instants elles réussissent à nous faire comprendre les liens qui unissent cette famille brisée et la tension latente qui en résulte. Chapeau bas également à Ben Foster, excellent et méconnaissable en SDF drogué. Ned Beatty est comme d’ordinaire brillant, et réussit à rendre son personnage aussi complexe que possible.  Robin Wright, Sigourney Weaver , Jon Bernthal, Steve Buscemi et Ice Cube complètent ce casting 5 étoiles.

Rampart_portrait_w85dLe scenario de James Ellroy m’a plutôt séduite. Il est subtil, mystérieux et intriguant. Complexe, comme beaucoup de romans d’Ellroy, il raconte une descente aux enfers, d’un personnage inattendu et détestable qu’on finit pourtant par prendre en pitié – apprécier serait trop fort ici. C’est noir, pessimiste et magistral.

rampart_3Rampart souffre cependant d’une réalisation quelque peu décevante. Oren Moverman est à la base un scénariste – et un bon puisque c’est lui qui a écrit I’m Not There de Todd Haynes. En tant que réalisateur, il a sans aucun doute un style. Beaucoup de gros plans jonchent le film. Et c’est plutôt bien fait. J’ai également aimé sa façon de se placer derrière les personnages, de filmer leur dos, comme pour montrer leurs faiblesses. Le problème, c’est qu’en dehors de ces moments de grâce, Oren a tendance à secouer sa caméra dans tous les sens et à utiliser des effets un peu vieillots. C’est d’autant plus triste que la qualité de certains cadrages est indéniable.

Rampart reste au final un bon film, principalement à cause de ses acteurs et de son scénario. Un joli métrage contemplatif sur la descente aux enfers d’un homme odieux.

Sans titrefd

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Une réponse à “Rampart – Un personnage perdu sur l’autoroute de l’enfer

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