Le Chêne et Le Citronnier d’Antoine-Pierre Mariano – Chassé croisé de deux semblables opposés

IMG_6648Ce livre là m’est un peu tombé dessus par hasard. En lisant le (très littérairement stimulant) blog Mes Petites Idées, je suis tombée sur un article où Delphine, la blogueuse, cherchait des blogueurs pour lire et chroniquer Le Chêne et le Citronnier. Vaille que vaille, je me suis aussitôt portée volontaire.

Le Chêne et Le Citronnier suit la vie de deux hommes qu’à priori tout oppose et qui n’auraient donc jamais dû se rencontrer. José Salinas, fils illégitime d’un juge, est né sur l’île d’Ibiza. Dès sa plus tendre enfance, il est contraint à l’exil en Algérie et doit se battre pour sortir de la misère. Eugène Puisatier d’Incourt, lui, a vu le jour dans une famille bourgeoise du Nord de la France. Brillant, il est choyé et est promis à un grand avenir. C’est l’Histoire (et une grande dose de hasard) qui les fera se rencontrer par trois fois au cours de leurs vies, des vies à la fois très différentes mais toutes deux marquées par une rancune envers leurs géniteurs.

L’histoire de ces deux hommes m’a assez étonnamment séduite. Bien qu’adepte des romans historiques, bien souvent, je ne suis pas particulièrement friande des sagas familiales – les histoires d’adultères et de filiations, hormis quand c’est couplé à la royauté anglaise, ont du mal à capter mon attention. Ici, il s’agit bien plus du parcours de deux individus, de leurs histoires, de leurs pensées et de leurs actions, le tout mâtiné de rappels historiques, toujours pertinents et intéressants. Bien que les rencontres des personnages soient un peu prévisibles dans leur temporalité, le roman sait tenir le lecteur en haleine grâce à des petites histoires parallèles.

Je regrette cependant qu’aucun des deux personnages ne soient véritablement séduisant. J’ai eu une très grande difficulté à m’attacher à chacun d’entre eux. Si Eugène dans son enfance avait un coté touchant et naïf, je trouve que le personnage devenu adulte perd cette capacité à émouvoir. José quant à lui ne m’a jamais véritablement émue.

Si cette difficulté à s’attacher aux personnages est dommage, elle n’est rien comparée au style d’écriture du livre. Car pour moi, c’est bien là qu’est le véritable problème du Chêne et du Citronnier. Parfois, surtout dans les premiers chapitres, il est très difficile de comprendre qui est qui : Antoine-Pierre Mariano a en effet une tendance (fâcheuse) à désigner un personnage par son prénom puis par sa fonction sans faire de lien entre les deux auparavant. Personnellement, j’ai dû plusieurs fois relire afin de comprendre – ce qui a le don de prodigieusement m’agacer.

Je déplore également que l’auteur se sente obligé de répéter des informations présentes dans les chapitres précédents, comme si le lecteur, soudainement frappé d’amnésie, pouvait les avoir oubliées. Certes, l’alternance des histoires de José et d’Eugène peut justifier ce procédé mais je me suis plusieurs fois sentie dans l’obligation de lire en diagonale afin de m’épargner un énième rabâchage de la haine du nordiste contre les communistes ou un rappel peu nécessaire du traumatisme subi par le petit fils de José.

Si le Chêne et le Citronnier m’a séduit par sa pertinence historique et sa capacité à tenir en haleine, j’ai franchement détesté le style d’écriture de Antoine-Pierre Mariano.

Publicités

2 réponses à “Le Chêne et Le Citronnier d’Antoine-Pierre Mariano – Chassé croisé de deux semblables opposés

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s