Juliette – La version française un peu édulcorée et bobo de Frances Ha

© Wild Bunch Distribution

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Il y a quelques semaines, je voyais et j’adorais Frances Ha, cette petite pépite cinéma estivale et pétillante. Or Juliette partage avec le film de Noah Baumbach un scénario similaire : un portrait de jeune femme à cheval entre deux âges.

Nous sommes à Paris et Juliette a bientôt 25 ans. Elle vient de finir ses études et n’a pour le moment pas de travail. Elle passe son temps entre soirées festives, journées d’errance à travers la capitale, aventures amoureuses légères et réunions familiales mouvementées. Son quotidien léger est mis à mal lorsque son père tombe malade et qu’elle rencontre par hasard son ancien amoureux.

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Juliette se repose sur un scénario qui aurait pu être génial à quelques détails près. Montrant parfaitement le spleen de cette période où l’on n’est plus enfant, plus étudiant mais pas encore une grande personne avec un travail, l’histoire de Juliette ne permet pourtant pas l’identification. Pourtant, j’avais tout pour me sentir proche du personnage : même âge, même parcours post-étude un peu chaotique, mêmes errances etc. Mais voilà, Juliette est un personnage qui est trop ancré dans une vie de bourgeois-bohème clichée pour être vraiment l’emblème d’une génération. Juliette vit à Paris dans un super appart, elle possède une garde robe de folie, elle part en week-end dans la maison au bord de la mer de son ami, elle n’a aucun problème d’argent (malgré le super appart) et quand Juliette se décide à travailler, elle devient écrivain. Bref, tout ceci est assez éloigné du quotidien de la quasi-totalité des jeunes diplômés en recherche d’emploi. En fait Juliette souffre de la comparaison avec Frances Ha, avec lequel le film de Pierre Godeau partage beaucoup de thèmes.

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Mais heureusement malgré ses défauts, Juliette réussit quand même à séduire. Pierre Godeau a choisit de mélanger assez joliment rêves, réalités et métaphores. J’ai été particulièrement séduite par cette plage où Juliette dessine une maison et la modifie en fonction de ce qui se passe dans sa vie. C’est mignon et j’ai trouvé ça rafraichissant comme idée. Pierre Godeau possède véritablement une identité visuelle et c’est déjà beaucoup pour un jeune réalisateur.

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L’autre grand atout de Juliette, c’est ses acteurs. Même si j’ai parfois eu du mal avec la sempiternelle moue d’Astrid Berges-Frisbey, elle est globalement convaincante. Yannick Landrein, dont je vous avais déjà parlé pour sa performance dans la pièce Les Liaisons Dangereuses, lui est génial. Malgré son rôle secondaire, il réussit à se rendre attachant et à construire un personnage complexe et juste. Bref, il est grand dans un petit rôle. Élodie Bouchez signe également son retour avec ce film et elle est assez géniale en grande sœur un peu trop protectrice. Féodor Atkine complète le casting dans le rôle du père malade.

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J’aurais aimé vous dire que Juliette est un film génial et brillant, un hymne générationnel qui restera comme un monument de cinéma. Mais malgré ma grande envie d’adorer le film de Pierre Godeau et de voir en lui le nouveau Simon Werner a disparu, je n’aurais réussi qu’à l’apprécier. C’est déjà beaucoup, me diriez-vous !

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