Masculin/Masculin au Musée d’Orsay – L’homme dans le plus simple appareil

© Musée d’Orsay

L’exposition Masculin/Masculin est sur ma liste de choses à faire depuis une éternité. Mais au vu de la longueur de la file d’attente qui s’étirait devant le musée à chaque fois que je m’en approchais, j’ai reporté, encore et toujours. Mais au final, quoi de mieux que pour commencer l’année culturelle qu’une multitude de beaux corps d’hommes musclés ?

Bien que nous soyons jeudi soir et que l’exposition ait été prolongée jusqu’au 12 janvier, j’ai bien mis 1h30 à rentrer dans le musée.

© Guy Boyer

© Guy Boyer

L’exposition Masculin/Masculin est très fournie en tableaux, peintures, photographies et sculptures en tout genre. C’est d’ailleurs ce que j’ai préféré : voir la diversité des œuvres d’art produites avec le même sujet central – un homme nu – est assez impressionnant. C’est également une opportunité rêvée de voir l’évolution des modes et des tendances artistiques au cours des siècles.

Au niveau de l’agencement de l’exposition cependant, j’ai été moins séduite. L’exposition commence par une présentation du nu classique, un nu qui cherche à gommer les particularités individuelles du modèle pour faire de celui-ci un sujet. Nous voyons ici de façon surprenante des œuvres de toutes les époques : la Roue de la fortune d’Edward Burne-Jones (1875) côtoie ainsi le tableau Les Adolescents de Picasso (1906).

© Guy Boyer

© Guy Boyer

Puis l’exposition présente Le Nu Héroïque qui met en avant un homme à l’enveloppe corporelle parfaite. Le nu masculin est ici idéalisé. Toujours de façon étrange, les époques se mélangent et Les Tireurs à l’Arc de Geroge Desvallières (1895) sont affichés juste à côté de Hercule Contre l’Hydre de Pierre et Gilles (2006). Cette catégorie se divise en divers thèmes dont les Dieux du Stade (où nous voyons des œuvres comme Epaule jetée à deux bras II de Eugène Jansson 1913 mettre en exergue la puissance virile du corps masculin) ou encore Dur d’être un Héros qui met en avant des toiles traitant de la mythologie et utilisant la dramaturgie et l’émotion comme la Mort d’Hyppolyte de Joseph-Désiré Court (1825).

© Guy Boyer

© Guy Boyer

Le troisième thème abordé est celui du nu « vérité » sans artifice. L’idéalisation est complètement mise de côté comme le montre l’Autoportrait Agenouillé d’Egon Schiele (1910). Une sous section traite de la représentation de cadavre nu – l’œuvre centrale ici étant le bouleversant Père Mort de Ron Mueck (1996-1997).

Changement radical pour la section suivante qui met en valeur des nus mis en scène dans la nature comme le sublime Le printemps de K. Moser (1900).

La cinquième section met en avant le corps nu en souffrance et présente des œuvres comme la sculpture de Louise Bourgeois Arch of Hysteria (1993), la Figure Allongée de Francis Bacon (1964) ou encore la photographie Would-Be Martyr and 72 Virgins de David Lachapelle (2008).

Les deux dernières sections présentent le corps glorieux, un corps qui est sensualisé et érotisé, et qui devient objet du désir.

© Humberto De Oliveira

© Humberto De Oliveira

Le classement par thème est très intéressant. Mais le problème c’est que les œuvres semblent réparties de manière un peu confuse. Des peintures de Pierre et Gilles se trouvent dans le nu classique, le nu héroïque, le nu comme objet de désir. Or les œuvres ont beau avoir un sujet différent (ici Mercure et là Ganymède), le traitement semble le même. Du coup, on se perd énormément et on ne comprend pas vraiment les différentes catégories.

Néanmoins Masculin/Masculin reste une exposition à voir grâce à la grande variété des œuvres présentées – et au bonheur de voir des corps masculins un peu objetisés et vraiment séduisants pour une fois !

Masculin/MasculinAu Musée d’Orsay
Prolongation jusqu’au 12 janvier

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2 réponses à “Masculin/Masculin au Musée d’Orsay – L’homme dans le plus simple appareil

  1. Personnellement j’ai beaucoup aimé l’exposition et le comportement des visiteurs. En plus de tout ce qui est dit dans cet article, le nu masculin a tendance à masquer les parties génitales comme tabous et parfois l’homme est représenté particulièrement féminin : androgyne poussé à l’extrême comme si le nu masculin n’était pas aussi assumé que son homologue féminin. Quant aux visiteurs, on découvre des regards avides, d’autres amusés, certains curieux, et parfois quelques regards gênés. Cette exposition a eu pour moi un aspect sociétal non négligeable.
    Très bel article.

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