Philomena – Phénomènal

© Pathé Distribution

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Philomena c’est le nouveau film Stephen Frears. Nous parlons ici d’un cinéaste anglais souvent génial – rappelez vous, le piquant Tamara Drewe c’était lui, les brulantes Liaisons Dangereuses c’était lui aussi. Ainsi vous imaginez l’attente qui entourait ce nouvel opus.

Lorsqu’elle était adolescente, Philomena Lee est tombé enceinte. Mais dans les années 50, être fille-mère n’est pas bien vu : reniée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. Obligée de travailler à la blanchisserie, elle voit son fils de 3 ans se faire arracher à elle pour être adopté. Aujourd’hui grand-mère, elle est toujours hantée par cet enfant dont elle n’a jamais parlé jusqu’à maintenant. Poussée par sa fille, et par Martin Sixmith, un journaliste désabusé et amer, elle se lance à la recherche de ce fils auquel elle n’a cessé de penser.

Philomena est un film qui atteint un équilibre parfait entre humour et émotion.

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L’humour est anglais, pince-sans-rire et arrive souvent dans les moments les moins attendus, au cours d’un badinage léger qui permet d’alléger le propos trop lourd. Ces passages drôles ont en leur centre Philomena, ce personnage si touchant mais si drôle dans son décalage par rapport au journaliste blasé qui l’accompagne. D’ailleurs on ne rit jamais méchamment dans Philomena : nous sourions comme nous rigolerions des incompréhensions de notre grand-mère envers les jeux vidéo ou notre obsession du téléphone portable. C’est un rire complice, tendre, plein d’amour que Stephen Frears fait naitre chez nous.

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Mais loin de moi de dire que Philomena est un film comique. Il est aussi profondément bouleversant. Le personnage central est fantastique : malgré tout ce qui lui arrive, elle garde une dignité immense, et une foi en Dieu à toute épreuve. Son histoire pourrait briser le cœur à un bonhomme de neige. Le génie de Stephen Frears permet de retranscrire toute l’intensité de ce récit sans pour autant sombrer dans le misérabilisme ou le pathos.

Les acteurs sont également époustouflants. Judi Dench était pour moi une excellente actrice mais j’avais du mal à l’imaginer dans autre chose que le rôle d’une femme âgée forte et dure – typiquement son rôle de M dans James Bond. Mais dans Philomena, elle est véritablement convaincante en vieille dame fragile  – durant tout le film j’avais l’envie de la prendre dans mes bras et de la défendre contre le monde. Si Judi Dench est une grand-mère ordinaire magnifique, Steve Coogan lui est un journaliste cynique génial. Avec ses faux airs de Droopy que j’adore, il sait être le petit poil à gratter de ce couvent irlandais.

Au cours de Philomena, on oscille ainsi entre rire et larmes, on a le cœur léger puis soudainement on  essuie une petite larme et on sort de la séance en se disant que cette Philomena est véritablement phénoménale.

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