Southcliffe, saison 1 – Quand le drame frappe

© Channel 4

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C’est au festival SériesMania que j’ai découvert Southcliffe cette minisérie britannique en quatre épisodes diffusée sur Channel 4.

Southcliffe est une petite bourgade tranquille d’Angleterre. A priori sans histoire, la ville bascule dans l’horreur lors d’une tragique fusillade. Nous suivons les personnes que ce drame touche de près ou de loin, qu’elles soient bourreaux, victimes ou proches.

Il y a un petit côté de l’Elefant de Gus Van Sant dans Southcliffe, surtout dans le premier épisode. En effet, si celui-ci commence par l’acte violent, très vite, l’histoire revient sur le parcours de Stephen Morton, le tireur et sur les raisons qui l’ont finalement conduit à perpétrer cet acte d’une violence inouïe.

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La chronologie du récit est complètement déconstruite. Nous suivons les parcours des différents personnages avant et après la fusillade, leur quotidien et leur façon de réagir au drame qui les a frappés de manière brutale et inattendue. Ce procédé nous permet de bien comprendre la complexité de cette histoire.

Jamais manichéenne, l’histoire nous parle et nous touche vraiment. Aucun personnage n’est jugé, aucun n’est blâmé. Connaissant les tenants et aboutissants, nous pouvons nous faire notre propre jugement sur chacun des membres de cette petite communauté.

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Southcliffe parle aussi du deuil et des différentes formes qu’il peut prendre. Quand on sait que le scénariste Tony Grisoni s’est basé sur les témoignages de personnes ayant perdu un être cher dans des conditions brutales, on comprend pourquoi est ce que tout sonne si juste.

Mais Southcliffe n’a pas que son scénario en sa faveur. La réalisation est soignée : elle utilise avec virtuosité le hors champs et le son et n’hésite pas à mettre en avant les silences pour mieux appuyer son propos. Le réalisateur a également choisi de commencer tous les épisodes par l’éphéméride des marées du jour de la tuerie, comme pour créer un rythme entêtant, sorte d’écho du vide omniprésent qui habite les survivants de la tragédie. La caméra de Sean Dorkin retranscrit à merveille l’atmosphère pesante et angoissante de cette campagne anglaise industrialisée, triste et brumeuse, que l’on avait déjà aperçue dans BroadChurch.

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Southcliffe est également une grande réussite de casting. Parmi les personnages centraux, on retrouve donc Shirley Henderson, bouleversante en mère de famille, Joe Dempsie en soldat pétri de regret, l’excellent Sean Harris qui joue cet homme devenu fou à force de brimades, ou encore les très bons Eddie Marsan, Rory Kinnear et Anatol Yusef.

Cette série courte est une vraie réussite, alors assurez vous de regarder Southcliffe !

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