Her – Lâchez votre téléphone et allez voir ce film

© Warner Bros

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J’ai mis du temps à aller le voir, ce quatrième film de Spike Jonze dont tout le monde parle depuis ses multiples nominations aux Oscars. Mais c’est aujourd’hui chose faite : j’ai vu Her.

Theodore Twombly vit dans un futur proche assez semblable au notre. Triste et morose depuis sa séparation, il achète un jour un nouveau programme informatique, un OS intelligent. Au départ simple outil du quotidien, cet OS va finir par devenir une amie et Theodore tombe peu à peu sous le charme.

Her a bien mérité son prix du scénario. L’histoire de Theodore est une histoire d’amour à priori classique : un homme rencontre une femme, ils se découvrent, tombent amoureux, puis leur relation se détériore avant que le couple ne se sépare. C’est raconté avec une grande finesse, une justesse sans faille et une émotion ordinaire. On retrouve le petit grain de folie de Spike Jonze dans la mesure où la femme est ici un ordinateur, intelligent peut-être mais néanmoins irréel.

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C’est là que le scénario gagne sa deuxième dimension. Véritable chef œuvre de la science fiction, Her nous rappelle que ce genre n’a pas besoin de mettre en avant des vaisseaux spatiaux brillants ou des planètes lointaines pour produire un excellent film. L’univers est dépeint de manière excellente. Ce futur proche met en valeur les défauts de notre monde, son individualisme, l’omniprésence de cette technologie qui nous coupe des autres êtres humains. Or cette fonction de la science fiction, présente dans des chefs d’œuvre comme Blade Runner, est bien souvent oubliée dans les films d’anticipation actuels. Ici Spike Jonze réussit à créer un univers si crédible et probable qu’il en fait froid dans le dos – et j’espère réussira à convaincre certains spectateurs de lâcher leur téléphone et de regarder le monde autour d’eux.

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Esthétiquement Her est également très réussi. Grâce à des costumes à la fois modernes et anciens, à l’utilisation d’une palette de couleur pastel tout au long du métrage et à un éclairage particulier qui sait mettre en valeur l’histoire, l’univers visuel du film est immédiatement reconnaissable. L’utilisation d’image de Shanghai pour figurer le Los Angeles futur est ingénieuse car elle permet un ancrage sérieux dans la réalité.

La performance de Joachim Phoenix participe également à la qualité d’Her. Il est touchant et d’une normalité à toute épreuve dans la peau de cet homme solitaire, replié sur lui-même et un peu dépressif.

Un petit bijou, qui souffre peut être juste un peu de sa longueur !

Sans titre

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