Maps to the Stars – Jouïssive satire

© Entertainment One

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David Cronenberg n’a plus besoin d’être présenté. Bien que je n’aie pas vu ses derniers films – honte sur moi -, je suis une inconditionnelle de ses précédents long-métrages – et surtout des Promesses de L’Ombre et de La Mouche. Alors aller voir Maps To The Stars, c’était un peu une évidence.

Havana Segrand est une actrice sur le retour qui rêve d’interpréter le rôle de sa mère, une grande actrice aujourd’hui décédée. Jerome Fontana est un chauffeur de limousine qui se rêve scénariste et court les castings. Benjie Weiss est un enfant star qui sort de sa première cure de désintox. Son père Sanford Weiss est coach et gourou et compte parmi ses clientes Havana. Une mécanique bien huilée en apparence qui cache de lourds et noirs secrets que l’arrivée en ville d’Agatha, une jeune femme mystérieuse, va mettre à jour.

Il y a une telle noirceur grinçante et corrosive dans Maps to the Stars qu’il est impossible de ne pas l’aimer. Le scénario est d’une certaine façon cousu de fil blanc mais pourtant il réussit à se tendre progressivement comme la corde d’un arc qui tout d’un coup nous explose dans les doigts. Porté par le poème d’Eluard, Liberté, le récit est finement construit et la satire omniprésente. Chaque scène recèle des perles et les dialogues sont des superbes moments de cinéma.

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Les personnages, portés par des acteurs formidables, sont tellement détestables qu’ils en deviennent fascinants. Mia Wasikowska est inquiétante, en fragile mais dangereuse petite fille gentiment névrosée. Julianne Moore est magnifiquement insupportable en star sur le retour obnubilée par son nombril, sans aucune morale et hantée par le spectre de sa mère. Evan Bird est également une vraie révélation du film.

Mais c’est surtout dans la mise en scène que Maps to the Stars révèle tout le génie de Cronenberg. Le réalisateur montre l’isolement de ses personnages grâce à son cadrage et à son montage. La scène de négociation entre Benjie, sa mère et les pontes des studios est à ce titre, brillante, dynamique et créative.

D’une drôlerie grinçante, d’une ironie emplie d’amour, Maps to the Stars est beau dans sa laideur. A voir !

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