Boyhood – La vie est un chef d’œuvre

© Universal

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Quand j’ai vu que Boyhood, le film fleuve de Richard Linklater durait 2h46, j’ai pesté et ai freiné des quatre fers toutes mes velléités d’aller le voir. Et puis, heureusement, j’ai changé d’avis.

Boyhood retrace le parcours de Mason de ses six ans à sa majorité. Une vie simple faite d’amitié, de déménagement, de petits conflits familiaux, d’école, de petits riens et de choix de vie auxquels nous sommes tous confrontés.

Linklater a réussi un exploit. Il a réalisé un film sur la vie, la vraie, dans toute sa normalité, dans tout son ennui et dans toute sa splendeur. Il ne se passe  « rien » dans Boyhood, et pourtant le film nous surprend, nous séduit, nous emballe, nous captive. Il nous raconte notre histoire à tous, en nous montrant ces choses qui nous construisent sans tomber dans les clichés des « premières fois » qui ne sont souvent pas les plus mémorables. L’histoire de Mason est universelle et c’est pour cela qu’elle vous touchera profondément. C’est un écho de nos propres jeunesses, leur reflet cinématographique.

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Narrativement discret, Boyhood est d’une pudeur et d’une humilité virtuose. La réalisation ne s’attarde jamais dans le larmoyant, dans le sentimentalisme ou dans le tire-larme. Simple dans son sujet et son propos, le film propose pourtant une construction complexe mais fulgurante. Les ellipses sont utilisées de manière brute, pertinente et souvent brillante. Les sauts temporels sont parfois véritablement travaillés : ainsi Mason monte un escalier et il en redescend le lendemain, âgé d’une année supplémentaire.

Et que dire de cette bande originale ! Renversante, elle enchaine les styles et les morceaux, sans se répéter et reflète avec brio les tendances musicales des années 2000. Un gros coup de coeur pour le splendide morceau de Family of The Year, Hero.

Boyhood c’est aussi un film d’acteurs. Nous les voyons murir, vieillir au fil des plans. C’est fantastique pour une fois de voir l’évolution de l’âge dans un long-métrage sans maquillage, effets spéciaux ou trucages. Patricia Arquette est sublime. Lors de sa dernière scène, pleine de tristesse et de force, elle est simplement parfaite. L’actrice américaine et Ethan Hawkes sont brillants de bout en bout, toujours justes, ne cherchant pas à dissimuler les années qui passent et qui s’affichent sur leurs visages ou leur corps. Ellar Coltrane est quant à lui au centre de tous les plans et sa fraicheur est désarmante. Il semble ne pas jouer. Il est.

Au final, les trois heures du film passent trop vite, à l’image de la vie.

Capture

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