Nemanja Radulovic en concert à la Salle Pleyel – Le concert qui rend heureux à en pleurer

© Edouard Brane

© Edouard Brane

Vous connaissez déjà mon violoniste préféré, Nemanja Radulovic. Après l’avoir vu en concert au parc floral et en showcase à la Fnac, je n’ai pas hésité à prendre mes places pour son concert à la salle Pleyel.

L’ambiance de joie et de beauté sauvage du concert est perceptible dès le premier morceau, les Six Danses Populaires Roumaines de Bela Bartok. Accompagné au piano de l’excellente Laure Favre-Kahn, le violoniste nous transporte en un clin d’œil complice vers l’Est de l’Europe.

Le deuxième morceau (et dernier de cette première partie) est la Sonate pour piano et violon n°3 en la mineur de Georges Enesco. Je dois dire que là par contre le courant n’est pas passé. La magie du premier morceau s’est un peu dissipée et j’étais moins fascinée qu’à l’accoutumée. Non que la performance soit moins pure et virtuose. Simplement, le morceau me paraissait un peu terne et classique après les folles danses roumaines qui ont ouvert le bal.

Après l’entracte, c’est au tour de l’ensemble Double Sens d’accompagner Nemanja Radulovic. Et pour moi, c’est à ce moment là que le concert à véritablement commencé. La Danse Hongroise n°1 de Brahms ouvre le bal et nous ensorcelle. Mélange parfait entre douceur et dynamisme, le morceau est joué à la perfection. Plus qu’une simple interprétation, c’est une véritable incarnation que nous propose ici Nemanja.

Puis c’est autour de Chansons que ma mère me chantait de Dvorak. Une pièce si belle que l’on en pleurerait. Le vibrato du violoniste donne une dimension immensément mélancolique et profondément triste à cette complainte déchirante.

Heureusement, le morceau suivant L’Amour des trois oranges de Prokofiev est là pour nous revigorer. Le ton léger de l’œuvre mais surtout les échanges complices et la volonté de Nemanja de dialoguer avec les autres instrumentistes fait naitre un sourire radieux et sincère sur le visage des spectateurs. Toutes les personnes présentes sur scène ont l’air de respirer le bonheur et de voir la musique comme une conversation sans parole, ce qui rend le tout très agréable à regarder et à entendre.

Pour Gayaneh, la danse du sabre, et la Mascarade de Aram Khatchatourian, le groupe est rejoint par Nicolas Montazaud, un percussionniste présenté de manière délicieuse par Nemanja Radulovic. Ces deux pièces sont à l’image du concert : l’une donne de l’énergie et rayonne de bonne humeur et l’autre est une lamentation aussi belle que poignante.

Le concert se poursuit : le Taon de Chostakovitch, La Danse Russe du Lac des Cygnes de Tchaïkovski, puis le thème du film Petrijin venac de Zoran Simjanovic nous emmène ailleurs, sur les routes de la Russie et de la Serbie.

Enfin arrive le point culminant et le moment le plus attendu du concert pour moi : le Czardas de Monti. Les doigts qui courent sur le manche du violon avec une vitesse incroyable, la passion et la musicalité données à travers chaque note, la puissance du tout, et la capacité de Nemanja Radulovic à faire naitre un sourire niais sur mon visage.

Dernier morceau inscrit au programme le Czardas fut pourtant loin d’être le dernier. La salle Pleyel surchauffée réclamant sans cesse toujours plus, nous avons eu le droit à un grand nombre de rappels. D’abord avec le morceau C’est le Monde des Hommes extrait du film de Emir Kusturica La Vie est un miracle, puis ensuite entre autre avec le remarquable morceau Zajdi, zajdi, jasno sonce. Sur ce dernier, l’une des violonistes de Double Sens prend le micro et accompagnée de Nemanja Radulovic et d’Yvan Cassard au piano et nous envoute totalement.

Et quand le concert se termine, les notes de musique, la grâce légère de Nemanja Radulovic, la cohésion complice de Double Sens et la beauté éplorée et pétaradante des morceaux restent avec nous et nous font sourire à nous en décrocher la mâchoire.

Comment ne pas être heureux après un tel voyage au pays de la virtuosité et de l’émotion ?

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