Le Zéro Masqué commence le foot – N’est pas Ronaldo qui veut

© Dewey Nicks for The New York Times

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Il y a les sports que tu pratiques et ceux que tu regardes tranquillement de ton canapé. Dans mon cas, à aucun moment, les deux ne se recoupent. Pas folle la guêpe.

Mais ça c’était avant comme dirait l’autre. Car oui, Mesdames, Messieurs, désormais, je fais du football.

C’est un mardi soir que j’arrive à mon premier entrainement sur un terrain du 13ème arrondissement, trouvé après de longues minutes d’errance. Je débarque donc dans une équipe où je ne connais personne, avec une tenue totalement loufoque et surtout des chaussures de trail. Et une expérience du foot négative en terme de pratique – que voulez-vous j’ai toujours été une handballeuse dans l’âme.

Le coach arrive et déclare l’entrainement ouvert. « Commencez par des jongles » dit il de manière désinvolte. Aussitôt mes camarades s’exécutent, avec grâce et facilité. Une telle aisance me laisse croire quelques instants que c’est facile, et je me lance donc. Un échec en entraine un autre : au bout d’une dizaine de minutes de torture, et en dépit de toute ma bonne volonté, je n’ai absolument réussi aucune jongle. Je ressemble plus à un chien fou avec des parpaings au pied, courant de droite à gauche avec la grâce d’un pachyderme.

Nous enchainons ensuite sur des échauffements lors desquels mon égo se rebooste : pas chassés, talons-fesses et autres genoux en l’air. Trop facile, me dis-je. Et après tout, qui a besoin de savoir jongler pour mettre des buts ? Personne. D’accord je serais une footballeuse sans fioritures mais tant pis. L’essentiel, après tout, n’est-il pas d’être efficace ?

La prochaine étape de l’entrainement : les passes en face à face. Mes chaussures de trail me faisant des pieds gros comme des mammouths obèses, pas facile d’avoir un bon toucher de balle. Je m’en sors néanmoins raisonnablement bien. Le contrôle de la balle, l’étape suivante, est une moins belle réussite. Clairement, la faute de mes chaussures en surpoids.

Quelques minutes plus tard, je « maîtrise » les têtes et les contrôles poitrine. Enfin, surtout les têtes, parce qu’en tant qu’ancienne handballeuse, quand une balle arrive sur ma poitrine, j’ai le réflexe de la récupérer avec mes mains. Et ça, en foot, ce n’est pas bien.

Nous passons à l’étape de torture suivante : le slalom. Soyons réaliste, je suis nulle. Vraiment catastrophique même. Persuadée que ce manque flagrant de talent est du uniquement à mes chaussures dodues, je reste confiante quand à la suite des évènements.

La suite des évènements, c’est le match. Là, dans ma tête, je me dis « bingo ». Je connais bien les règles. J’ai regardé les plus grands joueurs du monde évoluer sur le terrain. Je sais quoi faire. A moi, les capacités défensives de Vidic, les tirs puissants de Ronaldo et l’aisance stratégique de Schweinsteiger.

Malheureusement, encore une fois, la réalité est bien cruelle. Certes j’arrive à me démarquer. Mais à quoi bon être seule sur le terrain, si on n’arrive pas à contrôler la balle et à dribler les adversaires. Néanmoins, je ne suis que bonne volonté. Dans les cinq premières minutes, je cours partout. Je suis montée sur ressort et affirme mon omniprésence sur le terrain – attaque, défense, attaque, défense, un peu plus et je suis également en train de faire la pompom girl sur le terrain. Malheureusement malgré mes efforts, je reste toujours aussi pataude

Mais rapidement les choses se compliquent pour votre serviteur : outre le fait que je ne sers à pas grand-chose, je finis par souffler comme une baleine hors de l’eau. Dès lors, ma course se ralentit. Je reviens de moins en moins en défense, et traine la patte en attaque. Mes chaussures épaisses et moi-même sommes au ralenti. Et dans ma tête, je prie pour que l’entraineur abrège mes souffrances et siffle le retour au vestiaire.

C’est à ce moment là que j’ai réalisé : je me comportais exactement comme Fred lors de la Coupe Du Monde 2014, à trainer les pieds sur le terrain, attendant paisiblement que les choses se fassent sans moi. Honteuse, rouge comme une tomate, et me maudissant avec des mots peu adaptés aux oreilles sensibles, je me reprends en main et force mes chaussures-péniches à se remette à courir.

Néanmoins, c’est avec une joie insensée que j’entends le coach sonner la fin de mon premier entrainement. Soulagement de mes poumons asphyxiés, de mes jambes en compote – et surement de mes coéquipières, heureuses de ne plus devoir admirer mes piètres compétences en football.

Plus tard, mon postérieur tranquillement posé dans un siège de métro, je me dis que c’était quand même un sacré chouette moment, que je recommencerai avec avidité dès la semaine prochaine et surtout que mon manque de talent n’était que la conséquence de mes chaussures inadaptées.

La semaine prochaine, avec mes nouvelles chaussures, c’est sur, je serais ce mélange magique entre Neuer, Vidic, Ronaldo, Schweinsteiger et Rooney.

 

 

 

 

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