It Comes At Night de Trey Edward Shults – La maladie de l’angoisse

© Diamond Films

Depuis que la bande-annonce était passée devant mes petites mirettes et que je l’avais fait figurer parmi les #OnVeutVoir du blog, j’attendais avec grande impatience de pouvoir découvrir le mystérieux film de Trey Edward Shults, It Comes At Night.

Paul, sa femme Sarah et son fils Travis vivent barricadés dans leur maison isolée au milieu d’une forêt. Leur angoisse ? Que la maladie mortelle qui fait rage à l’extérieur n’arrive jusqu’à eux. Une angoisse qui devient de plus en plus forte lorsqu’une famille aux abois vient chercher refuge dans leur propriété.

Dénué d’artifice, presque minimaliste, It Comes At Night réussit pourtant bien son pari de faire partager l’angoisse et les frayeurs de ses personnages centraux aux spectateurs. Trey Edward Shults se sert du mixage sonore et d’éclairages contrastés afin de remplacer des jump-scares qui auraient été presque trop attendus et finit par exploser les codes classiques de l’horreur pour mieux mettre en avant une esthétique si épurée qu’elle en devient effrayante. Ici la terreur vient du silence qui suit des aboiements continus, du noir et des mystères qu’il peut cacher, et d’une porte rouge, qui parait par moment presque vivante.

Une mise en scène et un scénario qui servent au final un but commun : faire du spectateur un personnage à part entière. Nous sommes dans la maison avec cette famille. Nous savons ce qu’ils savent et c’est tout. Alors forcément, cela induit de nombreuses zones d’ombre hyper- frustrantes par moment, pour nous habituellement quasi-omniscients dans la salle de cinéma. Mais cela nous permet aussi de comprendre les sentiments des personnages de Joel Edgerton et Carmen Ejogo face à cette sourde menace qui les frappe violemment dès les premières secondes du film et face à cette famille d’étrangers qui les inquiète autant qu’elle les apaise.

Alors finalement  après avoir vu It Comes At Night, on finit par se dire que le plus dangereux dans la fin du monde, ce n’est pas ce qui vient la nuit. Mais bel et bien l’Homme lui-même.

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