Cosi Fan Tutte à l’Opéra Garnier – Quand Opéra et Danse Contemporaine se rencontrent

© Anne Van Aerschot

En septembre, c’était la Veuve Joyeuse. En octobre, je renouvelle l’expérience soirée moins de 40 ans à l’Opéra de Paris avec la reprise de Cosi Fan Tutte de Mozart à l’Opéra Garnier.

Cosi Fan Tutte, c’est l’histoire d’un pari. Don Alfonso défie ses amis Guglielmo et Ferrando de prouver le dévouement de leurs fiancées Fiordilgi et Dorabella grâce à un stratagème simple. Ils prétendront être partis à la guerre et grâce à des déguisements, viendront faire la cour au deux belles afin de voir si elles sont aussi fidèles qu’ils le prétendent. Avec l’aide de Despina, la femme de chambre des deux jeunes filles, Don Alfonso va bien entendu tout faire pour gagner son pari !

Ce Cosi Fan Tutte propose un vrai parti-pris de mise en scène. Sous la direction artistique de Anne Teresa De Keersmaeker, le plateau se dénude. Tout blanc, presque sans décors, il est un canevas gigantesque et immaculé. Le deuxième choix audacieux de la metteur en scène est de doubler chacun des solistes d’un danseur contemporain de la compagnie Rosas. C’est audacieux mais assez étrange. Parfois, il semble que la scène est trop grande, trop déserte, et les chanteurs et danseurs sont souvent confinés à l’avant scène et doivent faire de nombreuses et longues galopades au cours des changements de scène. Et soyons honnête, c’est également beaucoup trop conceptuel et contemporain pour moi et manque cruellement de chaleur.

© Christophe Pelé / OnP

Heureusement, musicalement c’est impeccable. La voix pure et raffinée de Jacquelyn Wagner et celle gracieuse et piquante de Michèle Losier se marient à merveille et donnent à leur personnage une jolie personnalité, presque tragique pour la première, pétillante pour la seconde. Leur amoureux, chantés par Cyrille Dubois et Edwin Crossley-Mercer dégagent également une fort belle alchimie. Le premier est profondément touchant tandis que l’autre est d’un charisme formidable. Mais c’est bel et bien la brillante Ginger Costa-Jackson et son interprétation sans faute de Despina qui m’ont fait passer les meilleurs moments. Véritablement drôle, elle exulte d’espièglerie et rapidement on ne voit plus qu’elle. Elle est l’âme de ce Cosi Fan Tutte m’aura fait rire plusieurs fois grâce à ses interprétations pointues et son jeu expressif et hilarant.

Ce n’est pas cet opéra bouffe qui me fera devenir une inconditionnelle de Mozart ou une adepte de danse contemporaine mais il aura néanmoins réussi à me faire passer un agréable moment. Et c’est quand même ça l’essentiel !

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Une réponse à “Cosi Fan Tutte à l’Opéra Garnier – Quand Opéra et Danse Contemporaine se rencontrent

  1. Très bel article, et surtout quelle belle pièce ! J’ai déjà hâte de voir la diffusion en direct du Metropolitan de New York, histoire de comparer mais d’apprécier.

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