Le Jeu de l’Amour et du Hasard au Théâtre de la Porte Saint Matin – Classique marivaudage

Le théâtre de la Porte Saint-Martin propose chaque année des reprises de grands classiques. Et comme j’aime bien mes classiques, j’étais encore une fois au rendez-vous cette année pour découvrir la version Catherine Hiegel de la comédie de Marivaux, Le Jeu de l’Amour et du Hasard.

Silvia est promise par son père Orgon à Dorante, qu’elle ne connait pas. Effrayée à l’idée que son futur époux ne soit pas à son gout, elle propose à son père un arrangement : afin de découvrir la vraie nature de son fiancé, elle se présentera à lui sous le déguisement de sa suivante, Lisette, tandis que cette dernière prendra temporairement sa place. Ce qu’elle ignore, c’est que Dorante décide de mettre le même stratagème en place : il sera le valet Bourguignon tandis que son valet Arlequin jouera le maitre.

La pièce de Marivaux s’ouvre ici au son d’un doux violoncelle et sur un plateau impressionnant, véritable jardin privé à la luxuriante verdure dont la profondeur de champ laisse présager de beaux moments de comédie à venir dans cette comédie de déguisements et de masques.

© Pascal Victor

Très vite, les personnages envahissent la scène. Rapidement, le regard malicieux et l‘air espiègle d’Alain Pralon le font briller en Orgon. La mise en scène en rajoute encore, en le plaçant judicieusement en spectateur / maître du jeu qui observe d’une lointaine fenêtre, le spectacle qui se joue sur ses yeux.

Indéniablement, les moments les plus drôles viennent du couple Laure Calamy / Vincent Dedienne ! Bouffons, extravagants, les valets, Lisette et Arlequin, sont dans leurs scènes de séduction aussi féroces dans leurs répliques, ridicules dans leurs mimiques que touchants au final.

Du côté des maîtres, Clothilde Hesme réussit presque à rendre son personnage de Silvia, sur le papier assez égocentrique et orgueilleux, touchant et plaisant. Reste le personnage de Dorante, qui, malgré les efforts de Nicolas Maury, reste un dindon de la farce assez insipide.

Ce délicat mélange de classicisme, d’acteurs talentueux et des mots délicieux de Marivaux fonctionne à merveille et réussit à créer de nombreux rires tout au long de ce Jeu de l’Amour et du Hasard. Je suis moins sous le charme que lors des Femmes Savantes, mais ce serait plus à cause de ma légère préférence pour les rimes de Molière qu’à cause d’une réelle remise en cause des qualités de la production marivaudienne présentée au Théâtre de la Porte Saint Martin.

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